Le riz et l’énergie vitale (Qi)
Le caractère chinois "énergie" (Qi) est composé des idéogrammes "air" et "riz", et la meilleure appréciation de cette disposition est : "la vapeur qui sort du grain de riz ".
La perception symbolique de la vapeur qui émane de la cuisson du riz est comparable au "pain de vie" métaphysique de la chrétienté.
La croyance en une force spirituelle renforce cette sensation qui est la même dans le taoïsme, le judaïsme et le christianisme à la seule différence qu’il s’agit de céréales différentes.
Le pain quotidien et le Qi
Le Qi peut être perçu comme l’odeur du riz qui cuit lorsque nous pratiquons la respiration abdominale inversée. L’énergie est produite instantanément si l’esprit conscient (le cœur) se connecte au mouvement abdominal à la hauteur du point VC6 et se lie à l’idée de l’émanation de la vapeur du riz. Cette nourriture spirituelle va sustenter l’esprit "Shén" qui va engendrer une nouvelle essence "Jin" qui va elle à son tour nourrir le Qi.
Si le Qi chinois peut être ainsi comparé au "pain quotidien" de la prière chrétienne (Notre Père), le Jin (essence) peut aussi être relatif au "vin" qui symbolise le sang.
Pain et vin Qi et Jing
Lorsque l’esprit Shén est rendu fort par la production du Qi, le Jing (essence) peut être produit par la pensée. Pour cela il faut se concentrer dans le Dantien inférieur (hypogastre ou champ de cinabre) et focaliser la pensée sur la particule de cinabre (sulfure de mercure rouge vermillon) qui doit être alors consumée par le feu intérieur (créé par la pensée consciente) pour produire le mercure (véritable carburant ou drogue stimulante). Le Jing devient ici comme le vin biblique qui accompagne le pain dans le rituel, ou le sang qui va suivre le Qi dans l’alchimie taoïste.
Le pain et le vin nourrissent l’esprit
L’essence émanant du pain et du vin sont des substituts de l’énergie vitale que les indiens appellent "Prana" et les grecs "Pneuma". Le souffle de vie est une combinaison de souffle et d’essence engendrée par une conscience dont nous n’avons pas vraiment la connaissance.
L’imitation de l’énergie et de l’essence par la symbolique rituelle du pain et du vin devrait donc inspirer la foi en une force : ici non pas céleste mais bien terrestre, car le pain et le vin sont des matières appartenant à la terre, alors que le Qi et le Jing font partie de la métaphysique et du plan céleste.
Le Yin et le Yang ne pouvant être séparé, il est évident de constater ici qu’il y a plusieurs sources pour une seule origine. Que l’on aille chercher le pain de vie ou le riz vital, il n’y a pas qu’un seul chemin pour aller de Pékin à Rome.